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Le plus ancien ORANGER de France
(D'après un article paru en 1857)
L'oranger successivement appelé le Grand-Connétable, le François Ier et enfin le Grand-Bourbon, est certainement le premier arbre de cette espèce qui ait été introduit en France, et, comme tout ce qui remonte à une époque très reculée, il a sa légende qui, lorsqu'on cherche à l'approfondir, offre dans ses commencements quelques points obscurs et douteux.
Comment cette caisse devint ensuite la propriété du connétable de Bourbon, c'est ce que la tradition omet de dire ; mais ce qu'il y a de certain, c'est qu'elle se trouvait au château de Chantelle en Bourbonnais, lorsqu'il fut rasé après que le connétable eut quitté la France pour se donner à Charles-Quint. Dans l'inventaire des biens confisqués au connétable figure un oranger sur cinq branches venant de Pamplune. Ces cinq branches étaient cinq pieds primitifs qui s'étaient soudés en se greffant par approches. A partir de ce moment, l'histoire de notre arbre devient certaine. Transporté en 1532 à Fontainebleau, dont François Ier disait « que si on lui faisoit présent ou qu'il pût recouvrer quelque chose rare, c'étoit pour son Fontainebleau », il y prit le nom de son nouveau possesseur. Louis XIV, passionné pour Versailles, comme François Ier l'avait été pour Fontainebleau, avait fait enlever de ce dernier palais des grands maîtres italiens qui y étaient rassemblés depuis un siècle, pour les transporter dans sa résidence favorite ; le célèbre oranger eut le même sort, et l'orangerie de Versailles, construite par Mansart, était à peine terminée qu'on y apportait, en 1687, les plus beaux orangers de Fontainebleau, « du nombre desquels, dit le Mercure galant, étoit l'oranger nommé le Boubon qu'on dit avoir environ cinq cents ans. » Le Mercure exagérait encore la légende. Car en admettant la date de 1421, cet arbre n'aurait aujourd'hui que quatre cent trente-six ans d'existence, ce qui est déjà très merveilleux. Conservé depuis cette époque dans l'orangerie de Versailles, ce bel arbre, qui appartient en effet à l'espèce des bigaradiers, est non seulement le plus âgé et le plus grand parmi les orangers de la superbe collection de Versailles, mais il est encore le plus vigoureux, le mieux portant et le plus fertile. Poiteau rapporte, dans son Histoire naturelle des orangers, qu'en 1818 on avait cueilli dessus une immense quantité de fleurs, et que l'année suivante il était chargé de plus de mille fruits. Sa hauteur est de 7m20 y compris la caisse, et sa tête a 16m50 de circonférence ; il aurait un bien plus grand développement, si les portiques de l'orangerie par où on le sort au printemps et par où on le rentre à l'automne étaient assez grands. Sa tige, extraordinairement courte et de forme triangulaire, se divise, presque en sortant de terre, en trois bras, dont deux se subdivisent bientôt et forment en tout cinq grosses branches, qui s'élèvent en s'éloignant les unes des autres et constituent, par leurs nombreuses ramifications, la tête de l'arbre. |
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