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LE LAURIER CAMPHRIER
(D'après un article paru en 1833)
Ce grand et bel arbre plaît par son port et son ombrage, par l'odeur qu'il exhale de toutes parts et les bonnes qualités de son bois ; il joint à ce mérite celui de fournir au commerce une matière employée dans la pharmacie et dans plusieurs autres arts.
Les dissolvants du camphre sont l'alcool, l'éther et les huiles. On a dit que l'acide carbonique peut aussi le dissoudre, et se mêler ensuite à l'eau sans que sa combinaison avec la matière huileuse soit rompue, et ce serait ainsi que l'on obtiendrait de l'eau camphrée. Mais, sans recourir à ce moyen, il est certain que l'eau contracte facilement l'odeur du camphre, ce qui prouve suffisamment que cette matière contient des parties qui se dissolvent dans l'eau, propriété commune à toutes les huiles chargées d'un arôme. Le camphrier ne commence à fleurir que lorsqu'il est parvenu à une assez grande élévation. Ses fleurs sont blanches, et il leur succède un drupe de la grosseur d'un pois, où l'odeur du camphre est associée à celle du clou de girofle, et plus exaltée que dans aucune autre partie de l'arbre. Dans les jeunes arbres, le bois est blanc ; et dans ceux qui sont parvenus à une maturité complète, il est agréablement veiné de rouge, et propre à faire des meubles qui ne plaisent pas moins par leurs couleurs et leur poli que par l'odeur qu'ils répandent dans les appartements. Beaucoup de plantes indigènes contiennent plus ou moins de camphre, et le manifestent par leur odeur. Telles sont, par exemple, la camphrée, dont le nom est assez significatif, la sauge, le thym et la plupart des labiées, etc. Des recherches pour l'extraire par des procédés économiques ne seraient peut-être pas infructueuses, et mériteraient qu'on s'en occupât, si nous devions continuer à nous approvisionner à l'autre extrémité de notre continent par une navigation de plusieurs milliers de lieues. |
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