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LE GRAND TRÈFLE ROUGE et les chats
(D'après un article paru au XIXe siècle)
Le grand trèfle rouge, qui est un élément important des prairies artificielles, demeurerait presque toujours stérile si les bourdons en venant y chercher leur nourriture, n'agitaient ses fleurs et n'en répandaient la poussière, fécondante. Ces insectes, appartenant à la famille des mellifères, sont beaucoup plus gros que les abeilles, qui rendent un service semblable au petit trèfle, mais qui n'ont pas le suçoir assez long pour atteindre le fond du grand trèfle rouge.
Le chat devient ainsi (certes sans se douter qu'il remplit une telle fonction) le protecteur de la fécondation des grands trèfles rouges en mangeant les mulots qui mangeraient les bourdons, lesquels ne secoueraient plus les fleurs du grand trèfle rouge. En se promenant dans la campagne, les observateurs remarqueront, en effet, de nombreux nids de bourdons auprès des villages où généralement abondent les chats. Que de causes éloignées, dont on ne se préoccupe pas, ont ainsi des conséquences importantes sur des faits qui sont en apparence sans relation avec elles. Trop souvent, lorsqu'on les découvre, il n'est plus temps de porter remède au mal qui s'est produit lentement et silencieusement. Ainsi, en détruisant à outrance les petits oiseaux un peu trop pillards des épis, mais grands chasseurs d'insectes, on s'est exposé aux ravages bien autrement considérables de myriades d'animalcules qui auraient constitué l'alimentation de la gent ailée habitant nos haies et nos arbres. Etudions l'équilibre des forces de la nature pour contribuer à le rétablir lorsqu'il périclite sur quelque point... |
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