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CHASSEURS DE PLANTES
des environs de Paris (2/2) (D'après un récit paru en 1902)
Les plantes dont avons parlé dans la première partie sont celles qui, au printemps et en été, donnent lieu à un « gros » commerce. A côté d'elles viennent s'en placer d'autres, d'importance moindre, de vente plus aléatoire et que le chasseur rencontre souvent accidentellement dans ses pérégrinations. Parmi elles il faut citer la primevère officinale et la primevère élevée, vendues toutes deux sous le nom de coucou, et dont les fleurs sont d'autant plus
Toutes ces plantes se rapportent coupées pour en faire des bouquets. Quelques camelots s'adonnent aux végétaux enracinés et destinés par suite à être « empotés ». Parmi eux il faut surtout noter les pâquerettes, d'une robustesse remarquable, et qui n'ont pas leurs pareilles pour orner la fenêtre de Jenny l'ouvrière ; diverses fougères, notamment des polypodes, qui « reprennent » très difficilement ; quelques carex ; du lierre, et quelques autres de moindre importance.
Celles-ci varient naturellement avec les saisons ; parmi les plus connues, citons la feuille de ronce, si employée dans les maux de gorge ; les feuilles de noyer, « chipées » de-ci de-là ; le chiendent, bien négligé aujourd'hui ; la douce-amère, la petite centaurée, les fleurs de sureau, le laurier blanc, le coquelicot, la violette, le bouillon blanc ; en un mot toute la série des « simples », dont l'usage, malheureusement pour la corporation qui fait l'objet de cet article, diminue sans cesse.
A l'automne, on récolte aussi diverses plantes décoratives, pour leur feuillage ou leurs fruits. Les plus connues sont les houx, aux feuilles luisantes, épineuses, aux fruits rouges, et le gui, la plante de la Noël, le mitstletoé des Anglais, à l'allure un peu mystique. La récolte du gui est des plus pénibles, car il faut aller cueillir cette plante parasite sur les pommiers et les peupliers et souvent scier les branches pour s'en emparer. Les camelots rapportent les touffes attachées aux deux extrémités d'une longue gaule qu'ils tiennent sur leur épaule souvent meurtrie. Ne croyez pas que j'aie terminé la liste des catégories de chasseurs de plantes. Il y en beaucoup d'autres ; mais il serait fastidieux d'y insister. Laissez-moi cependant vous présenter : celui qui récolte les pieds de pissenlits sauvages que certains gourmets adorent en salade ; celui qui cueille les feuilles de plantain et d'érable pour garnir les compotiers de fruits ; cet autre dont la spécialité est de chercher les branches bizarres pour en faire des corbeilles originales ; celui-ci qui s'adonne à la récolte des frêles graminées, Airas, Brizes, Stipes, Bromes, etc., pour en faire des bouquets perpétuels ; celui-là qui travaille - qui l'eût dit ? - pour les passementiers en récoltant des fruits d'aulnes, des glands, etc. dont on fait des garnitures après les avoir dorés ou plutôt bronzés artificiellement ; enfin, ce dernier qui récolte les « coeurs » des coquelicots, bleuets et marguerites, - les trois couleurs du drapeau national - pour les faire entrer dans la confection des fleurs dites artificielles. CHASSEURS DE PLANTES : Partie 1/2 |
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