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Histoire du département du Gers (Partie 1/2)
(Région Midi-Pyrénées)
Le territoire du département du Gers était occupé, avant la conquête romaine, .par plusieurs peuplades qui appartenaient à l'Aquitaine, telle que César et Strabon la circonscrivent, c'est-à-dire à ce groupe de peuples d'origine vasconne ou ibérienne répandus au sud de la Garonne. Ces peuplades étaient celles des Auscii, des Elusates, des Lactorates, dont les noms se reconnaissent dans Auch, Eauze, Lectoure ; néanmoins, une partie du département, celle où se trouve Condom, appartenait à une peuplade celtique, celle des Ces diverses cités furent uniformément comprises par les Romains dans la province d'Aquitaine, puis dans l'Aquitaine troisième ou Novempopulanie. La grande voie romaine qui allait de Bordeaux à Arles les traversait ; entre Bazas et Toulouse, elle avait une station à Eauze et une autre à Auch. Les Wisigoths occupèrent toute l'Aquitaine, qui, sous leur domination paisible, fut à peu près à l'abri des secousses terribles de l'invasion. En 507, Clovis leur enleva cette moitié de leur empire, qui s'étendait au nord des Pyrénées et des Cévennes. La domination franque ne put s'établir bien solidement dans la Novempopulanie. Les discordes qui éclatèrent entre les descendants de Clovis les empêchaient de rendre leur autorité présente dans des pays si éloignés. Les Vascons, qui veillaient du haut des Pyrénées sur cette contrée autrefois soumise à leur puissance, trouvèrent l'occasion favorable et se précipitèrent du val d'Aran et du col d'Altabiçar. Bladaste, duc de Bordeaux, chargé par Chilpéric de les arrêter, fut vaincu et tué (581). Les Vascons s'établirent dans le bassin de l'Adour et s'y maintinrent malgré les efforts des successeurs de Chilpéric. Puis, lorsque, au siècle suivant, Eudes, fils de Boggis, reconstitua au profit de la nationalité méridionale le royaume d'Aquitaine, ils se répandirent, sous ce règne si favorable, dans toute la Novempopulanie, qui redevint véritablement gasconne, et de race, et de moeurs, et de nom. Deux siècles plus tard, l'empire de Charlemagne enveloppant dans l'unité toutes les invasions bar bares, même celle des Vascons, un comté fut formé des territoires des diverses peuplades mentionnées plus haut. Il fut appelé Fedentiacus comitatus, comté de Fezensac. Ce comté, devenu héréditaire, fut partagé en 920. Le comte Guillaume Garcie, fils de Sanche le Courbé, duc de Gascogne, mourut laissant deux fils, en faveur du plus jeune, il détacha de son domaine l'Armagnac, qui correspondait au territoire des anciens Auscii, et dont le chef-lieu était Auch. Ainsi le Fezensac avait la supériorité sur l'Armagnac comme appartenant à la branche aînée ; mais, en 1140, cette branche s'étant éteinte, celle qui gouvernait l'Armagnac en hérita, et le Fezensac descendit au rang d'annexe. Les comtes d'Armagnac, devenus chefs de famille et rendus puissants par cette acquisition, entrèrent dès. lors dans une voie d'agrandissement qui devait les conduire à jouer un rôle considérable en France. Si le Fezensaquet fut détaché (1283) en faveur de Gaston, fils cadet de Géraud V, douzième comte. d'Armagnac, Bernard VI, aîné de Gaston, ajouta le comté de Rodez à l'Armagnac par son mariage avec l'héritière Cécile et, en 1295, obtint le comté de Gavre et le château de Gavret. Les mariages étaient fort habilement exploités par les comtes d'Armagnac. Jean Ier, fils de Bernard VI, se maria deux fois, et sa première femme lui valut la Lomagne, la seconde le Charolais. De plus, un arrêt de 1320 le maintint dans la possession de la vicomté de Carlat, comme étant aux droits de Cécile de Rodez, sa mère. Dans l'orgueil de sa puissance croissante, il s'intitulait : par la grâce de Dieu, comte d'Armagnac, de Fezenzac, de Rodez, de Carlat, de Lomagne, de Charolais, de Gavre et des quatre vallées. Pendant tout le XIVe siècle, les Armagnacs devinrent des personnages considérables. La guerre contre les Anglais ajouta beaucoup à leur importance. Ils devinrent lés chefs du parti français dans tout le Midi. C'est un comte d'Armagnac qui, après Poitiers, élève le premier la voix pour rassurer la France et le premier prend des mesures pour arrêter les succès des ennemis ; c'est lui qui, dans les états de Niort, soulève contre eux toutes les populations méridionales. Jean III, comme capitaine général des armées françaises au de la de la Loire, touchait mille francs par mois, plus trente mille francs de pension et les gages de sept cents hommes d'armes ; et il les gagnait bien. C'est lui, en grande partie, qui chassa du pays les routiers qui le désolaient. Cette grande tâche nationale n'empêchait pas les comtes d'Armagnac de vider leurs querelles féodales. Depuis quatre-vingt-dix ans, ils étaient en guerre avec les comtes de Foix, lorsque la paix se fit entre eux en 1377, grâce aux efforts du duc d'Anjou. Jean d'Armagnac et Gaston de Foix eurent une entrevue et se promirent de marier leurs enfants. Malheureusement, le jeune comte de Foix mourut. Pour se dédommager, Jean II jeta les yeux sur la jeune comtesse de Comminges, afin de la marier avec son fils Bernard. La mère de la comtesse s'y refusait ; ce n'était point là un obstacle pour un d'Armagnac. Jean les fit enlever toutes les deux, enferma la mère au château de Lectoure et fit épouser la fille, Marguerite, à son fils. Le comte Jean III mourut, ne laissant que des filles. Les états désignèrent pour lui succéder son frère Bernard. C'est ce fameux Bernard VII qui acquit une si grande et si terrible influence sur les affaires de la France pendant le règne de Charles VI. Ses talents politiques et militaires étaient remarquables, et il était surtout muni d'une ambition qui ne reculait point devant les crimes. Il lui déplut de voir le Fezensaquet aux mains d'une branche cadette, d'autant plus que cette vicomté était alors grossie du comté de Pardiac, par suite d'un mariage contracté par l'un des précédents vicomtes. Le vicomte actuel, Géraud III, fut donc attaqué, dépossédé et mis à mort, ainsi que ses deux fils, sans autre forme de procès. Ce n'était plus parmi les petits seigneurs voisins que la maison d'Armagnac cherchait des alliances ; il lui en fallait de plus hautes, des alliances princières. Bernard VII épousa Bonne, fille du duc de Berry, nièce du roi Charles V. Après l'assassinat du duc d'Orléans, en 1407, le nouveau duc Charles, neveu de Charles VI, cherchant un homme puissant et habile qui pût donner de la force à son parti et tenir tête à celui du duc de Bourgogne, se tourna vers Bernard. Le seigneur gascon saisit l'occasion, et, pour lier plus étroitement sa fortune à celle de la maison d'Orléans, il fit épouser sa fille au jeune duc. Ce fut lui qui prit dès ce moment la direction du parti de son gendre ; à sa suite accoururent dans le Nord les seigneurs gascons, aventuriers hardis, pauvres, mais âpres à la curée, bientôt odieux aux hommes du Nord. Les Orléanais s'effacèrent sous les Arma gnacs, dont le nom prédomina et servit à désigner la faction des blancs opposée à celle des bleus ou des Bourguignons. Devenu maître de Paris et du roi en 1413, créé connétable de France deux ans après, Bernard VII régna véritablement pendant plusieurs années ; mais, en 1418, une réaction terrible ayant rouvert les portes de Paris aux Bourguignons, les Armagnacs surpris, jetés dans les prisons, furent égorgés en masse et Bernard VII parmi eux. :: Histoire du Gers - Partie 2/2 |
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